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SITES REMARQUABLES
 

L'Eglise

 

De la première église, on ne sait que peu de choses c'était une chapelle construite à l'ntérieur de l'enceinte du Château du Comte de Neuvecelle. Elle était surtout au service des gens du voisinage. Comme toutes les églises de l'époque, elle était orientée : le choeur vers le soleil levant, la porte d'entrée dans la cour du Château. Agrandie et réaménagée à plusieurs époques, il n'en reste qu'une partie du mur nord de l'église actuelle. Seul le cadastre de 1730 nous en donne le plan au sol.


Grâce aux visites pastorales, les évêques nous ont laissé un état des lieux des églises au XVème siècle ; visite après visite, c'est toujours les mêmes injonctions : refaire la toiture, réparer le plancher, d'autant que c'était souvent de la terre battue, vu qu'on y enterrait les morts. Le Comte de Neuvecelle avait sa sépulture dans la chapelle de St Joseph.


Au début du XIX, siècle, les curés PLAGNAT et son successeur MANTEL se plaignent de la misère et de l'état de l'église. Ils assurent les réparations d'urgence en attendant de prévoir sa reconstruction. A la visite pastorale de 1828, Monseigneur de THIOLLAZ trouve l'église dans un fort mauvais état et trop petite pour contenir la population qui, à cette date, compte 655 âmes... Il est vrai que les paroisses de Sainte Catherine de la Touvière, de St André de Maraîche ont disparu depuis la Révolution. L'intendant de Thonon encourage le conseil municipal à reconstruire l'église. Le curé R. MANTEL lance une souscription en 1840 : elle atteindra la somme de 10 276 F.

 

Église de Neuvecelle

Presque toutes les églises reconstruites sous la monarchie Piémont-Sardaigne font partie du style néoclassique sarde. L'architecte en fût l'abbé ROUGE, curé de Saint Sigismond. La caractéristique des églises néo-classiques sardes est leur plan au sol : une croix latine, la croisée des transepts étant couverte par une coupole. Une autre caractéristique : de larges et puissants pilastres, couronnés d'une large corniche, supportent la voûte. La main d'oeuvre et notamment l'apport des pierres et du sable de la Dranse furent assurés par les paroissiens. Le clocher prévu par le plan de l'abbé ROUGE ne fût jamais construit. On installa simplement sur la façade un clocheton en zinc qui fût remplacé en 1896 par le clocher actuel construit par le curé ROLLIN.


Construite en 1840, l'église fût consacrée le 4 juillet 1847 par Monseigneur RENDU. L'église qui était la fierté des paroissiens, il fallait la meubler.
On réemploya le rétable baroque de la première église : il avait un tableau central de chaque côté duquel deux niches accueillaient les statues baroques de St Nicolas de Mire, titulaire de l'église de St Didier-sur-Chalaronne, patron de la paroisse. Cet autel, vers 1884, fût transporté à Maraîche. Le curé BOSONNET fait construire à cette époque le maître-autel actuel. Il est en marbre de Carrare : c'est l'oeuvre du sculpteur MAGNIN de St Jeoire. Les deux statues baroques de St Nicolas et St Didier n'ont pas suivi le rétable à Maraîche. Elles ont occupé les niches prévues. On doit au même curé BOSONNET les magnifiques stalles en noyer, dotées de miséricordes, et la chaire.

 
Les autels latéraux sont en marbres, taillés à Montreux: la statue de St Joseph semble être du 18ème. Celle de la Vierge, certainement en stuc, fût offerte par Mademoiselle Franceline CACHAT. Les vitraux du transept sont loin d'être sans valeur, commandés et payés par le Comte JOSEPH de Neuvecelle, ils reproduisent la Ste Vierge et St Nicolas dans le style du Moyen-Age. Le riche coloris et l'harmonie des couleurs sont remarquables. Le Comte de Neuvecelle était verrier à Givors. Les autres vitraux représentent la pêche miraculeuse, la vocation des apôtres, la tempête apaisée. Ils sortent des ateliers MAUMEJAN à Paris. Le curé PAOUR les avait installés en 1938.
Il valait la peine de redonner à l'église son style néo-classique qu'elle avait reçu en 1840. La Mairie a entrepris ce travail de restauration durant l'hiver 1998-1999. Les pilastres et leurs corniches ont retrouvé leur importance, leur dignité. Les motifs ornementaux ont donné du relief aux piliers.
 

Le choeur (on l'appelait dans les visites pastorales, le "Sancta Sanctorum" : le Saint des saints) a retrouvé son sens. Il est le lieu de Dieu et des saints. Le rétable de 1894 fait penser à l'iconostase des Orthodoxes ; les deux niches accueillent le patron et le titulaire de la paroisse, auxquels on a joint dans des niches en trompe l'oeil, St François de Sales, patron du diocèse et St Michel.
L'aménagement du choeur est une réussite liturgique. La table de célébration construite avec les panneaux sculptés de la chaire se prête heureusement à la liturgie. La table de la Parole est un magnifique ambon tournant : il permet de proposer et de proclamer la Parole contenue dans le Livre. Les stalles en noyer sont redevenues utilitaires.

 
 
On ne peut quitter l'église sans lever les yeux vers la coupole qui en domine son centre; les médaillons des 4 évangélistes occupent les supports de la voûte. Dans la coupole, l'artiste a représenté la scène de Jésus et de la Samaritaine au puits de Jacob... Le puits, source de l'eau vive. Il fallait souligner l'importance de l'eau dans ce pays.
L'artiste a remplacé l'Ebal et Garizim, montagnes de Samarie, par le profil des Mémises et de la Dent d'Oche... Il ne pouvait planter l'église de Neuvecelle dans ce décor.
 
 

L'Eglise aujourd'hui

 
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